Critique : Cold in July – American way of crime

cold-in-july1-620x400

Cold in July fait partie de ses films qui passent un peu sous les radars promotionnels grand public français. Sujet et ambiance très américain, créateur et casting peu connus d’un large public, beaucoup de bonne raisons de passer à côté d’un thriller aux couleurs des années 80.

1989, Texas. Par une douce nuit, Richard Dane abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, il est malgré lui entraîné dans un monde de corruption et de violence.

Jim Mickle le metteur en scène, raconte que la lecture du roman Cold in July de Joe R.Lansdale lui a donné très envie de l’adapter au cinéma.

Les deux hommes partageant un gout pour le « genre » assez prononcé. L’histoire de ce « Monsieur tout le monde » qui entre dans une spirale de violence par un « simple » réflexe d’auto défense est un sujet toujours d’actualité.

Si j’utilise les guillemets pour « monsieur tout le monde » et « simple » c’est que le sujet, bien qu’assez universel sur le rapport de l’homme à sa propre violence, est traité ici par le prisme américain.

La détention d’armes à feu, la culture de l’auto défense fait qu’un film à l’intrigue similaire se déroulant en France prendrait une toute autre direction. Le situer dans un Texas ou erre encore des mecs habillés en cow-boys en dehors des périodes d’ Halloween marque un peu plus le film de culture propre à la bannière étoilée.

Mais l’intelligence du film est de prendre, à l’instar de ses personnages, des virages surprenants tout au long du récit. Du malaise d’avoir tué un homme s’introduisant chez lui à la rencontre de l’extrême barbarie, Richard Dane, le héros va traverser ses moments en alternant le statut d’être passif ou actif face à la violence.

Incarné efficacement par Michael C Hall, bien connu des amateurs de séries (Six Feet Under, Dexter) et affublé d’une coupe mulet et d’une moustache du plus bel effet, il est aisé de se reconnaitre dans Richard et d’en ressentir un malaise sur les choix qu’il fait.

Michael C Hall est entouré de Sam Sheppard en vieux père torturé et Don Johnson en détective texan avec bottes et chapeau, cabotinant juste ce qu’il faut. Ses personnages naviguent toujours entre clichés et surprises. Derrière des enjeux simples de série B, Mickle arrive à nous surprendre sur leur choix et sur leur parcours.

Cold-in-July1

Même si l’ambiance de ce film est marqué par le thriller américain, assumant son statut de genre, Mickle nous sert un film très travaillé esthétiquement. Tant sur les plans et les idées de scènes que sur la lumière baignant le film. La gestion de la violence et de sa progression est aussi bien maitrisée nous ballotant entre surprise, attente et dégout.

Un des rares points à me laisser perplexe et l’ancrage du film dans les années 80. Si là aussi le travail est abouti, la musique électro suranné et l’éclairage allant dans le même sens, il est difficile, à part pour le respect du matériau original, de savoir si cela apporte du sens au récit ou si cela relève du plaisir du réalisateur de se replonger dans ses années là. Cela donne parfois un faux sentiment de déjà vu.

cold-in-july-photo

On pourrait croire le film sorti tout droit de la décennie 80 et il faut presque la présence de Michael C Hall pour nous rappeler que la production est plus récente.

Si vous n’êtes pas allergique aux coupes mulet et à l’ambiance des premiers films de Micahel Mann, allez vous replonger dans l’Amérique triomphante de Madonna et de Reagan pour une série B efficace et maligne qui en raconte plus qu’il n’y parait.

Cold in July, sortie le 31 décembre 2014

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS

Tags :, , ,

Pas encore de commentaire

Laisser un commentaire