Critique : Le Hobbit – la Bataille des Cinq Armées

THE HOBBIT: THE DESOLATION OF SMAUG

Dernier volet de la nouvelle trilogie du Seigneur des … ah non du Hobbit, le plus court de la saga (en attendant la version longue). C’est la fin d’une aventure commencée en 1995 par Peter Jackson.

Eh oui, on semble l’oublier, mais l’heroic fantasy n’avait pas l’attrait (économiquement) qu’elle a maintenant à l’époque et il a dû se battre pour imposer sa vision des récits de Tolkien.

Au départ, le projet était de faire 2 films, l’un sur le Seigneur des Anneaux et l’autre sur Bilbo le Hobbit. Très vite, des problèmes de droits apparaissent, il s’avère que la production n’a pas les droits du Hobbit et que les droits du Seigneur des Anneaux ont été récupérés par « Miramax » qui ne veut que deux films, puis change d’avis, pensant que le budget prévu ne sera pas respecté.

THE HOBBIT: THE BATTLE OF FIVE ARMIES

Ne voulant pas sacrifier l’ouvrage de Tolkien, Jackson arrive en dernier recours à convaincre « New Line Cinema », qui propose non pas deux films, mais une trilogie respectant les livres.

Bilbo le Hobbit est donc mis de coté, enfin pas totalement. Après la Trilogie en 2005, Jackson veut lancer l’adaptation du Hobbit en deux volets, mais très vite des problèmes juridiques (un procès entre Jackson et la « New Line Cinema » sur le merchandising de La Communauté de l’anneau) l’écartent du projet.

À cause de la pression des fans (ou parce qu’il avait dirigé une trilogie qui avait rapporté 3 milliards de dollars et remis le genre « heroic fantasy » au goût du jour, à vous de voir) il revient sur le projet en tant que producteur et la New Line engage « El » Guillermo Del Toro. Pour la petite histoire, lui voulait Sam Raimi.

HBT3-fs-348358.DNG

De 2007 à 2010, la production du film se trouve semée d’embuches, de nombreux retards (de la part de « MGM coprod » en pleine crise financière) et peut-être une main-mise un peu trop forte de la part de Peter Jackson amènent Guillermo Del Toro (ça serait rigolo qu’il fasse une adaptation live de Totoro…) à quitter le navire en mai 2010.

L’avenir du Hobbit apparait incertain. Coup de théâtre, c’est Peter Jackson (je vais l’appeler Peter à partir de maintenant) qui devient le réalisateur (en plus d’être producteur, de faire des selfies avec Gandalf et de probablement faire le café).

Le film sera tourné en 3D (sinon ce n’est pas drôle) et en 48 images secondes parce que c’est l’avenir, et l’avenir c’est donc plus de fps (frame par second, pas first person shooter). Il n’y a qu’à voir les polémiques dans le jeu vidéo avec le 30 versus 60 fps. Et là, c’est pareil.

HBT2-fs-320232.DNG

C’est censé révolutionner le cinéma et ce n’est pas du tout l’objet de cette critique parce que je n’ai vu le film qu’en 24 images secondes! Ah! Au fait, à l’été 2012 (à 6 mois de la sortie du 1er volet donc) il décide qu’il a tourné beaucoup trop de scènes et qu’il y aura 3 films, 2 trilogies et l’addition!

Donc après ce préambule beaucoup trop long, je vais vous parler du 3e et dernier film de la Trilogie du Hobbit. Il me semblait nécessaire d’aborder ce pan de l’histoire pour comprendre que Peter a mis presque vingt ans pour finir ce qu’il avait commencé et donc, comme dit l’adage, tout vient à point à qui sait attendre.

Le film, donc.

« La bataille des cinq Armées » débute directement après le second (La Désolation de Smaug), lorsque Smaug s’envole en direction de Lacville pour… euh… tout cramer sur son passage et c’est un des premiers reproches que je pourrais faire.

Cette confrontation qui avait l’air énorme à la fin du précédent volet se retrouve assez vite expédiée. D’accord, elle est impressionnante et je comprends pourquoi il voulait terminer le 2e volet sur cette crainte, mais je trouve que cette scène méritait de terminer en apothéose le film précédent.

La suite nous montre la déchéance du personnage Thorin qui avait déjà commencé un peu à glisser vers le côté obscur. Avec l’histoire d’un roi déchu qui devient obsédé par « son trésor » et l’avarice et qui risque de provoquer une nouvelle guerre, Richard Armitage nous dévoile un bon jeu, bien qu’on ait quelques fois l’impression qu’il surjoue un tantinet et que sa rédemption arrive trop facilement.

THE HOBBIT: THE DESOLATION OF SMAUG

J’espérais plus de nuances dans son comportement. À l’inverse, Bilbo évoque toujours l’espoir et la naïveté, parfaitement incarné par Martin Freeman qui restera un grand Bilbo. Le reste de la distribution marche toujours, bien que la plupart des nains soient réduits à quelques répliques.

Les elfes sont toujours majestueux, légère déception pour Taurielle (Evangeline Lilly), très bonne idée du deuxième épisode qui se retrouve ici moins bien utilisée. Legolas parait plus introverti, mais Peter arrive toujours à nous époustoufler avec ses actions.

Ses désaccords avec son père ne sont peut-être pas assez exploités, mais en même temps on ne pouvait pas trop prendre de liberté avec le récit original.

Ce dernier volet laisse bien plus de place à la guerre et aux affrontements, puisque c’est le principal sujet du film. Le nécromancien est percé à jour et Gandalf, aidé de Galadriel, Elrond et Saroumane, ;) essayerons de le mettre en déroute et de contrecarrer ses plans de s’emparer de Montagne Solitaire (et l’Arkenstone).

THE HOBBIT: THE BATTLE OF THE FIVE ARMIES

La dimension internationale du conflit ici traité qui sert de lien avec la trilogie de l’anneau trouve sa justification. Bien entendu, le récit a été étiré, mais à la différence de toutes ces adaptations récentes qui séparent leur dernier volet en deux épisodes, on a moins l’impression d’entourloupe, tout simplement parce que c’est Peter qui est au commandes et qu’il aime cet univers.

Bien entendu, ce volet n’a pas la majestuosité de l’ancienne trilogie. Certaines choses ne fonctionnent pas. Assez étrangement, je n’ai retrouvé qu’avec parcimonie le souffle des batailles épiques tel que je les ai vécues dans « Les Deux Tours », mais c’est toujours beau, magnifiquement mis en scène avec une lisibilité hors norme. Bref, c’est toujours du grand spectacle!

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS

2 Réponses à “Critique : Le Hobbit – la Bataille des Cinq Armées”

  1. Marla11 décembre 2014 à 23 h 09 min #

    Merci pour cette belle analyse et remise en contexte. De notre côté, on a préféré insister sur les différences entre film et bouquin: http://marlasmovies.blogspot.fr/2014/12/le-hobbit-la-bataille-des-cinq-armees.html

    • aterraki13 décembre 2014 à 17 h 36 min #

      merci pour le compliment, c’est vrai qu’il y a d’énorme liberté par rapport au roman dans ce chapitre particulier mais je n’arrive pas en vouloir à Peter Jackson d’avoir voulu prolonger ce voyage dans cet univers.

Laisser un commentaire