Critique : La Vie Rêvée De Walter Mitty

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Walter Mitty  (Ben Stiller) est un homme ordinaire travaillant au département photo du magazine Life. Il s’imagine de multiples situations où il pourrait impressionner Cheryl (Kristen Wiig), une nouvelle employée du magazine, mais il n’a jamais rien fait de notable ni vraiment voyagé.

Il a une relation un peu spéciale avec un photographe qu’il admire, Sean O’Connell (Sean Penn) dont il assure le tirage des négatifs pour le magazine, mais ne l’a jamais rencontré.

L’arrivée d’une nouvelle direction qui a pour but d’assurer la transition vers une version numérique du magazine et la perte d’un négatif important qui doit servir de couverture pour le dernier numéro de Life l’amène à se lancer dans un périple improbable pour retrouver ce fameux négatif manquant !

L’idée de départ est brillante. Un homme simple, rêveur aspirant à une vie différente mais qui n’a pas su concrétiser ses envies. C’est un pitch classique mais qui entre de bonne mains peut donner un excellent film.

Le personnage de Walter est attachant (Ben Stiller y est pour beaucoup). Ses rêveries sont souvent drôles, oniriques et émouvantes. Dans ces moments, la mise en scène emprunte directement à « Ally Mc Beal » pour l’irruption fantasmatique dans le réel.

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Le film jouant souvent sur le fait qu’on ne sache pas vraiment ce que vit Walter est vrai ou provient simplement de son imagination. Cela amène le récit vers le conte et c’est totalement assumé par le réalisateur qui s’emploie à nous faire vivre progressivement le voyage initiatique de Walter.

Le film est une adaptation d’une nouvelle de James Thurber, un écrivain américain travaillant pour le New Yorker. C’est une courte histoire d’un homme qui s’imagine aventurier pendant un trajet en voiture. L’idée sous-jacente de Thurber c’était une remise en question du quotidien et de ses tâches monotones dans une vie somme toute ennuyante.

Journaliste de profession et passionné de littérature, il a vécu plusieurs années en France, rêvant de devenir écrivain mais paradoxalement il n’est que peu connu dans notre pays. On peut donc y voir, en extrapolant un peu, un parallèle évident avec le personnage fantasque qu’est Walter.

Je pense que c’est cette narration ambitieuse et poétique qui plu à Ben Stiller qui ne devait au début n’être qu’acteur sur ce film.

La nouvelle étant très courte, l’adaptation est forcement bien différente du support original mais « l’essence » même du personnage de Walter est conservée en ajoutant des thématiques de transmissions et un regard tendre sur l’édition en mutation (le passage au numérique assez destructeur d’emploi) et le fait que le personnage principal semble hors de son temps.

Le périple de Walter, son voyage, l’amènera à reconsidérer sa vie et si on se laisse transporter par l’histoire, je n’ai aucun doute que beaucoup de spectateurs se sentiront rêveur en sortant de ce film.

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Pour autant, il n’y a pas que des points positifs. Je suis persuadé que Ben Stiller a sincèrement voulu nous entraîner dans un voyage émouvant, mais certains effets de mise en scènes sont trop appuyés pour être poignants (attention ce ne sont pas des violons ni du tire-larme) et peuvent vous sortir de l’histoire.

La photographie du film est particulièrement réussie (que ce soit au niveau des rêves que des paysages ou des cadres) bien qu’un peu trop léchée, ressemblant par moment à une publicité pour Master Card, de même que certaines utilisations pas toujours adroites de titres qui ne sont pas toujours utiles dans le récit.

Les effets visuels sont magnifiques bien qu’on pourrait les trouver superflues, ils recèlent d’inventivités.

Encore une fois ce sont des demi-reproches. Pour peu qu’on ne soit pas trop cynique, on se laisse aisément happer par les péripéties de notre Walter, peu importe que certains personnages soient un peu stéréotypés.

L’interprétation est réussie, Ben Stiller prouvent qu’il est doué en tant qu’acteur tout simplement.

Pour ma part je suis complètement rentré dans le film,  et même si certains passages ne m’ont pas émus autant que j’aurais aimé, il m’a transporté dans un univers entre contemplation et ouverture vers le monde.

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Je me suis souvenu qu’ado, j’imaginais fréquemment l’idée de m’envoler d’un coup à l’aventure avec un sac à dos et de partir en périple dans le monde. Je sais que c’est probablement un rêve assez commun induit par le cinéma, les romans de jeunesses et le besoin de s’évader d’une adolescence difficile, et je n’ai rien osé.

Ben Stiller a su conserver ce rêve et l’adapter assez joliment. Et sincèrement, c’est juste assez pour moi.

Ps : l’écoute de la BO est assurément indispensable.

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Une réponse à “Critique : La Vie Rêvée De Walter Mitty”

  1. argone2 janvier 2014 à 14 h 08 min #

    Vu hier soir, j’ai bien aimé ce film aussi … et de très beaux passages en Irlande et Afghanistan !

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