À propos

L’auteur

Écrivaillon du dimanche, je rends toujours mon avis en retard et j'excelle dans l'autodérision inversée et sinon IRL je me prétends CM.

[Critique Reporter] Looper

Synopsis : Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs d’un genre nouveau (les « Loopers ») les éliminent. Un jour, l’un d’entre eux, Joe, découvre que la victime qu’il doit exécuter n’est autre que… lui-même, avec 20 ans de plus. La machine si bien huilée déraille…

Joseph Gordon-Levitt est un acteur que je suis depuis quelques temps, découvert avec Mysterious Skin mais surtout Brick un petit teen-movie particulier mélangeant avec brio les codes du « Film Noir »  doublé d’une relecture de personnages venant des comics. Film passé complètement inaperçu, il révélait un acteur ainsi qu’un réalisateur doué pour mélanger les genres.

Bien qu’il soit devenu beaucoup plus bankable depuis les succès de 500 jours ensemble et son rôle dans Inception, Gordon-Levitt a su bien choisir ses rôles avec un parcours (presque) sans faute. C’est donc avec une grande impatience que j’attendais Looper. En effet le pitch d’un film sur les paradoxes temporels + anticipation + Bruce Willis en vieux briscard avec des flingues avait tout d’une équation tentante.

Le pitch en quelques mots : Bruce Willis est Joe avec 30 ans de plus ne voulant pas mourir et cherchant à changer le futur !

On pourrait penser que le voyage dans le temps n’est qu’un gimmick inutile mais la justification (pourtant toute simple) apporté par le film lui donne une crédibilité que finalement peu de films arrivent à mettre en place (rappelez-vous de Timecop et son scénario incohérent). Rian Johnson aime son sujet et le cinéma, cela se sent très rapidement dans l’histoire qu’il a écrite, multipliant les références et des clins d’œils à d’autres œuvres.

C’est assez rare pour être notifié, le réalisateur ne prend pas son public pour une buse, lui pré-mâchant toutes les explications dix fois pour que le bouffeur de popcorn moyen comprenne l’histoire sans rupture d’anévrisme. Ne comprenez pas par là que le film est incompréhensible, il sait juste habilement manier son récit pour en arriver à une conclusion limpide.  Film kaleidoscope multipliant les emprunts audacieux à des œuvres de science-fiction allant de L’Armée des 12 Singes à Akira, il arrive à se créer une mythologie crédible et qui donne même envie d’en savoir plus sur cet univers.

La mise en scène elle même tend à rendre crédible cette société dystopique gangrenée par la violence où le gouvernement est totalement transparent à l’opposé de grands films de SF récents, ici pas de grandes corporations, juste des petits parrains exploitant les voyages temporels pour « effacer » des personnes gênantes, c’est simple et pourtant ça tient la route, mieux, c’est exploité très habilement.

Bouleversant les codes classiques et manichéens pour se(s) personnage(s) principa(ux)l, en abordant l’histoire d’un personnage combattant son « double » jeune pour maintenir ses souvenirs et sa rédemption, il arrive à créer une tension dans le récit. Se placer sur les positions morales de ces deux mêmes personnages est dès lors difficile. Bruce Willis campe une sorte d’ange exterminateur qui ne souhaite pas oublier son vécu fasse à un Joseph Gordon-Levitt présomptueux cherchant à sauver son mode vie.

On pourra facilement passer outre certains raccourcis un peu faciles dans son intrigue qui pourraient faire sourire,  le récit est pratiquement un sans faute sachant naviguer entre ruptures de tons maitrisées (comprenez par là, ayant du sens dans l’intrigue) et des scènes d’actions très réussies grâce à une mise en scène exemplaire de lisibilité.

Au final, retrouver Bruce Willis dans une grande forme et un Gordon-Levitt surprenant en n’oubliant pas de très bon seconds rôles à l’image de Jeff Daniels et Paul Dano, doublé d’une excellente histoire de paradoxes temporels nous donne les parfaits ingrédients d’un bon gros plaisir bien coupable, une (si rare) réussite,  Rian on attend ton prochain film !

Looper, de Ryan Johnson. Sortie prévue le 31 octobre 2012.

Aterraki

Tags: , , , , , , , ,

Pas encore de commentaire...

Laisser un commentaire