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[Critique Reporter] J. Edgar par Laurent

Une fois de plus, Yohann mʼenvoie en mission. Une mission au près dʼun des plus grands policier de lʼhistoire américaine : J. Edgar. Ce Edgar est bien sûr J. Edgar Hoover, le créateur et patron du FBI, le film est réalisé par Clint Eastwood et Hoover est incarné par Leonardo DiCaprio.

La projection a lieu dans lʼimmeuble de la Warner (ou un magnifique San Goku en post-it est encore visible). Le plaisir dʼy faire un check in Foursquare est grand, et je remercie une fois de plus Yohann de mʼenvoyer rencontrer de jolies hôtesses… Mais le travail dʼabord ! On nous emmène dans une petite salle avec de gros fauteuils en cuir, ne manque que le cocktail pour se sentir comme chez soi. Un petit dossier de presse pour patienter et nous voilà parti pour 2h17 de projection.

Alors, je pourrais vous dire que le synopsis cʼest lʼhistoire de J.Edgar Hoover mais ce nʼest pas le cas. Eastwood traite principalement de deux périodes, la création du FBI qui correspond à un fait divers très connu (lʼenlèvement du fils de lʼaviateur Linderbergh) et la fin de vie de Hoover, au début des années 70. Eastwwood ne fait pas un biopic banal racontant lʼenfance puis la vie de son héros. Il choisit ses deux périodes pour montrer deux facettes dʼun homme très mystérieux.

La première période, dans les années 30, on voit un Hoover écrasé par une mère qui lui demande de redorer le blason familial. Il décide alors, mêlant anti communisme extrême et volonté de justice, de créer une police dʼélite qui façonnera la police moderne. Cette partie est fantastiquement reconstituée et baignée dans une lumière magnifique. De manière subtile, Eastwood alterne cette période et la fin de Hoover en 1972 ou celui ci est dévoré par la paranoïa, créant des dossiers sur tout le monde et voyant des complots russes partout. Et cʼest en confrontant ces deux personnalité de J. Edgar que le réalisateur et le scénariste Dustin Lance Black proposent une vision complexe de ce personnage.

Le film nʼest pas que historico-politique. On est plus proche du Promeneur du Champ de Mars que de JFK. Car, par le biais de ce personnage, Eastwood interroge sur la vieillesse, le pouvoir, la justice, et sur un homme refusant son homosexualité et incapable de se dégager du poids maternelle. J. Edgar est plus une tentative de portrait quʼun cours dʼhistoire. Et la tentative est pleinement réussie. Et cʼest la conjugaison de lʼécriture du film, de sa réalisation et de ses acteurs qui font cette réussite. Les trois personnages
principaux que lʼon voit à 30 ans puis à 70 ans sont tous simplement magistraux. Naomi Watts et surtout le duo DiCaprio/Armie Hammer. Dans une relation très ambiguë, les deux acteurs portent leurs personnages jusquʼau bout. DiCaprio grimé en «vieux» évoque tour à tour un Brando dans le Parrain ou Ed Harris. Comme modèle, il y a plus mauvais !

Alors Eastwood a t il signé le chef dʼoeuvre absolu ? Je nʼen suis pas sûr. Le film met une dizaine de minutes à se mettre en place, et du fait de sʼattarder sur les personnages plus que sur les évènements, il arrive que certaines choses nous échappent, chose qui ne devrait pas arriver au public américain. Le film joue aussi une carte assez intimiste, là ou certains attendaient une grande fresque épique.

Mais ce ne sont que des détails mineurs et lʼensemble reste exceptionnel. Le cru Eastwood 2011 ne doit pas se rater, et il est fort probable que Léo reparte avec une statuette le 24 Février prochain.

Sur ce, je vais aller vérifier ce que Yohann possède comme dossier secret sur moi, afin de tout détruire… Cʼest que la paranoïa est contagieuse !

Laurent

Merci à Laurent pour sa critique. Suivez-le sur Twitter, je lis dans son dossier que c’est un gars bien.

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Un commentaire to “[Critique Reporter] J. Edgar par Laurent”

  1. Je suis d’accord quand tu dis que le film est plus adapté à un public américain. Il y a quelques petits évènements que je n’ai pas vraiment compris, mais je pense que c’est davantage un manque de culture de ma part qu’un défaut du film. Et je suis également d’accord avec toi pour dire que DiCaprio est bon, de même que Watts, qui d’habitude m’agace un peu mais dont j’ai bien aimé le personnage de secrétaire loyale, indispensable et irremplaçable. Par contre j’ai trouvé le jumeau Winklevoss assez mauvais dans toute la partie dans les années 1970, où il surjoue la sénescence. Même s’il faut admettre qu’il n’était pas aidé par le maquillage grossier, qui ne devait sûrement pas lui permettre de jouer de manière plus subtile.
    Je trouve aussi l’histoire d’amour, si on peut la qualifier ainsi, plutôt mal traitée. Ça aurait pu être bien fait, je pense en particulier à la scène où Hoover prend la main de Tolson dans le taxi, qui était sobre et en même temps clarifiait toute la nature de leur relation. A mon sens il n’y avait pas besoin d’en faire trop, alors pourquoi sortir les violons à la moindre occasion dans la dernière partie du film ? Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un couple gay que ça atténue la mièvrerie… Je suis juste reconnaissante qu’il n’ait pas traité l’homosexualité de façon obscène et trop pleine de clichés. La seule exception étant la scène devant le miroir, avec le collier de perles et la robe de sa mère pas encore froide, qui à mon sens n’apporte rien au film ni à la compréhension du personnage.
    Globalement je n’ai pas détesté ce film, mais je l’ai trouvé très moyen. Je trouve le coup du « j’écris mes mémoires et j’utilise ça comme prétexte pour rappeler le passé » facile et mal géré. Le récit est décousu, parfois il s’est écoulé quinze ans d’un épisode de flashback à un autre, et c’est comme s’il ne s’était rien passé entre-temps, d’ailleurs J. Edgar Hoover n’a pas pris une ride. Je pige pas les économies faites sur le maquillage, pour un film qui traverse autant d’époques ça devrait être un élément central. Le maquillage des personnages une fois vieux est statique et pas crédible, et globalement Hoover ne vieillit pas du tout entre l’âge de vingt et cinquante ans. C’est peut-être un détail pour certains, il existe d’ailleurs de très bon films avec des effets et des maquillages cheap et pas crédibles pour deux sous, mais là ça fait juste qu’on n’y croit pas du tout. Je n’ai jamais réussi à rentrer dans ce film, je retiendrai juste qu’il était emmerdant et mal foutu.

    18 janvier 2012 at 15 h 18 min Répondre

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