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Écrivaillon du dimanche, je rends toujours mon avis en retard et j'excelle dans l'autodérision inversée et sinon IRL je me prétends CM.

[Critique Reporter] The Secret (The Tall Man)

Un film de Pascal Laugier avec Jessica Biel, Jodelle Ferland… Sortie le 5/09/12.

Synopsis : Chaque année 750 000 enfants disparaissent aux Etats-Unis. La plupart d’entre eux sont retrouvés dans l’heure ou les jours qui suivent. En revanche, 0.3% d’entre eux disparaissent à jamais sans laisser de trace. A Cold Rock, petite ville minière isolée, plusieurs disparitions suspectes ont été répertoriées ces dernières années.

Chaque habitant semble avoir sa théorie sur le sujet mais pour Julia (Jessica Biel), qui fait office de médecin dans cette ville sinistrée, ce ne sont que des légendes urbaines. Une nuit, son fils de 5 ans est enlevé sous ses yeux par un individu mystérieux. Elle se lance à sa poursuite sachant que si elle le perd de vue, elle ne reverra jamais son enfant.

Fraichement revenu sur la capitale, je me devais d’assister à la présentation du film : « The Secret » (en anglais « The Tall Man », qui veut dire un peu le grand homme, une sorte « Bogeyman » local) ce qui diffère du titre français, parce que maintenant on sait qu’il y a un secret, ce qui nous indique qu’on va  probablement s’appuyer dessus. C’est bien simple l’affiche française annonce la couleur : On pas été aussi surpris depuis le 6e sens ! C’est un truc récurrent dans la com de se référer à d’autres œuvres, même s’il n’y a quelques fois qu’un mince rapport voire pas de rapport du tout.

Rappelez-vous de nos jaquettes de VHS-DVD des années 90, leur fameux : Par le producteur de Matrix ou le Par les chorégraphes de Matrix et enfin le moins connu, par le Régisseur du 5e Élément (on parle pas assez des régisseurs, pourtant ils ont une importance capitale, Pascal pourrait vous en parler).

Un Frenchy aux USA, encore ?!

Le réalisateur, Pascal Laugier est du type sympathique, oui j’ai oublié de le préciser en préambule mais la projection du film était suivie d’une rencontre avec Pascal Laugier et son producteur, rencontre qui était tout sauf inintéressante puisqu’on a même eu le droit à un « point godwin » (oui bon si vous connaissez pas ça, je peux rien pour vous) mais aussi à quelques houleux mais gentillets échanges avec des blogueurs (dont un qui me tapait un peu sur le système) quand Pascal a formulé une simple hypothèse de la relative idiotie de noter un film avec des étoiles (ce dont personnellement, même si je l’utilise, suis entièrement d’accord).

Bon là les blogueurs se sont sentis agressés dans leur fort intérieurs et ont sortis des arguments de chocs comme : « on écrit pas les critiques pour vous les réalisateurs  d’abord ! » « C’est plus simple pour les internautes, non mais vous savez de toute façon ils aiment pas lire et comme ça ils ont pas besoin de le faire ! » « Non mais c’est de la censure ! » Et ma préféré, « j’ai pas eu toutes les étoiles à Mario 64 du coup je me rattrape sur mon blog ».

Ce qu’il y a d’étrange avec les blogueurs c’est que pour parler de la liberté et d’indépendance dès qu’on le soumet une simple suggestion, ya toujours du monde et tout aussi curieusement, il y a toujours plus de monde présent quand il y a un cocktail de fourni dans l’événement proposé.  Le reste du débat était intéressant Pascal Laugier étant quelqu’un de passionné et forcement c’est communicatif.

Un film de Genre ?

Chez les réalisateurs français, il y ceux qui vont faire un tour aux USA et les autres, Pascal Laugier appartient à la 1er catégorie, non pas qu’il ait accepté une série B quelconque, lui il a voulu adapter son propre scénario et le projet a fini par se faire, en coproduction avec une boite française, SND à 60 %, lui donnant le « Final Cut ».  Le reste du financement (américain et canadien) lui a permis d’avoir un casting américain avec une star à l’affiche : Jessica Biel et des seconds rôles plaisants, Jodelle Ferland en muette qui en sait beaucoup, ou de l’homme à la cigarette, William B. Davis en shérif dépassé.

Le registre du Bogeyman est un registre cliché du film de genre et le réalisateur grand amateur de ce cinéma le sait, bien entendu. Il a donc cherché à donner l’impression de coller à une formule classique pour s’en écarter progressivement (avec plus au moins de twists) mais l’intro avec la jolie voix de Jodelle Ferland rappelle un peu les légendes urbaines de la culture américaine et donne presque une dimension mythologique « Kinguienne » au récit.

Le début est pourtant très classique, de sa mise à scène à l’interprétation, on dans des chemins connus. Ce  n’est pas pour autant mauvais, juste convenu. Le regard de Jodelle marche toujours autant et Jessica Biel est étonnante de naturel. L’enlèvement survient (euh c’est dit dans le synopsis je spoile pas) et là tout s’accélère, au début au croit remarquer des incohérences et puis la mise en scène s’intensifie, notre regard sur les personnages change, notre appréhension s’accentue.

L’idéologie du film est étonnante, sans pouvoir rentrer dans les détails, le réalisateur ouvre les portes d’un questionnement qui moralement devient assez bordeline, bien qu’il ne donne pas lui même de réponse et cherche plus à lancer la question puis de se barrer en courant.

Le problème c’est qu’on ne peut pas résumer un film à son seul twist et sa morale volontairement amorale et sur le registre du cinéma pur, le film pêche quelque fois. Ce n’est pas du mauvais ouvrage mais on sent le budget limité et j’ai pour ma part trouvé l’image assez fausse quelque fois, peut-être dû à l’image numérique du film. Certains vont paradoxalement charger le film en le taxant de manque de surprise. Je ne suis pas de cet avis, je me suis laissé attraper par ce film.

Le réalisateur n’a pas essayé de révolutionner le genre, il s’en est juste servi pour raconter son histoire et a essayé de se servir des ressorts habituels de mises en scènes de ces films pour induire en erreurs les spectateurs trop habitués à ce genre productions et même si c’est fait avec plus ou moins de brio, ça a le mérite de m’avoir surpris et c’est ce que j’en attendais, l’idéologie découlante n’est finalement qu’un doigt d’honneur à une morale pudibonde américaine.

Aterraki

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