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[Event] 25 ans, c’est du Solid !

Après la mission fantôme de la fois dernière, je pars cette fois en mission infiltration. Pour les 25 ans de Metal Gear, le créateur de la série Hideo Kojima était à Paris accompagné de Yoji Shinkawa designer d’une grande partie de la saga.

Le rendez-vous est pris au MK2 Bibliothèque le 9 mai à 19h30. J’arrive à 19h29. Une longue file d’attente où ne se trouve ni enfants, ni parents me susurre que je suis sur la bonne piste. Bon, cela pourrait être Avengers mais mes voisins évoquent une soirée FIFA 2012 donc plus de doute possible. Après une avancé lente, je rentre dans la salle. L’organisateur animateur n’est pas inconnu car ce n’est rien moins que Julien Chieze. Une fois installé, un film récapitulant les 25 ans de la saga nous est diffusé. Des images de la NES à la PS3 nous rappelle toute l’évolution de Metal Gear et la libération visuelle qui nous a tous soulagé. Les images de PS One pique un peu les yeux. Plusieurs passages rendent la salle enthousiaste ! Le public est à moitié blogueurs, moitié fans. Et  l’on verra par la suite que les fans sont particuliers.

À la fin de cette courte projection, M. Kojima et M Shinkawa entrent dans la salle escortés par trois militaires. Enfin, trois cosplayers de Snake Plissken. Effet très réussi. La Master Class démarre. Car oui, c’est bien une master class. Bien mené par Julien Chieze, la saga est abordée de sa génèse à son avenir. L’excellent traducteur permet d’avoir un rythme agréable.

Abordant ses débuts, Kojima est bluffé par Julien qui sort la boite d’un du premier jeu sur lequel il a travaillé : Pinguin Adventures. Ah ces fanboys quand même. Le maitre parle posément, tranquillement. On est toujours surpris de cette retenue, de cette presque simplicité que peuvent avoir de telles personnalités. Racontant son parcours, il évoque le projet d’un jeu de guerre que lui remet Konami. Il joue alors des limites de la machine (peu de sprites affichables en même temps) et une inspiration de La Grande Evasion pour orienter son jeu vers l’infiltration. Ce sera le premier du genre.

Kojima revient sur ses jeunes années et sur son plaisir à écrire romans, scénarios. Et cela se ressent beaucoup dans la narration de Metal Gear Solid. Le but est l’immersion total du joueur dans l’histoire. Et toutes les idées de Kojima vont dans ce sens, allant même jusqu’à briser les codes du jeu vidéo. Ce mélange de priorisation de la narration et de toutes les influences cinéma a donné à la saga cette patte si particulière.

Kojima revient aussi sur son enfance baigné de la crainte nucléaire, nous sommes dans l’après deuxième guerre mondiale, et cela explique la présence de ce thème dans les Metal Gear. Il nomme cela : la génération Godzilla.

Sur la cohérence entre les épisodes, les fans sont surpris d’apprendre que non, la série n’est pas écrite d’avance dans ses grandes lignes, le créateur étant persuadé que chaque épisode sera le dernier. Il voit cela comme la saga de films La planète des singes où chaque volet propose un point de vue différent. Du fait de la densification des personnages et de l’histoire, chaque épisode est de plus en plus difficile à concevoir. Kojima admet lui même des erreurs parfois, et souhaitait s’éloigner de la saga, ne devenir que producteur. Mais cette série est trop intiment lié à lui. Peut être arrivera t il à cela avec le spin off annoncé ? (Metal Gear Rising)

Julien Chieze enchaîne alors avec le deuxième invité, Yoji Shinkawa designer de la série à partir de Metal Gear Solid. Très vite sa passion du dessin reprends le dessus et l’artiste nous livre en direct un petit croquis tel que le faisait sa maman. Très vite il parle de la création de Snake qu’il a librement recréé. Shinkawa prend aussi beaucoup de plaisir à dessiner des robots « sexys ». Il se lance alors sous les acclamations du public par un dessin principalement à la plume de Snake. Un vrai plaisir de voir des traits noirs jetés sur le papier devenir petit à petit un des plus grand héros du monde vidéo ludique. Feuilletant son carnet de croquis, il passe des pages discrètement disant « je ne peux pas vous montrer ».

Julien conclue alors avec l’avenir de la franchise. Kojima continue de travailler avec Sony, et annonce une version jouable de Metal Gear Rising (développé par un autre studio) à l’E3. De son côté, l’avenir lui semble être le cloud gaming et le projet de cloud de Kojima Production s’appelle Fox Engine pour le moteur et Project Ogre pour le jeu. Julien qui a vu des images du Fox Engine s’avoue assez impressionné. Julien Chieze passe alors au statut de légende qui entoure Kojima. Lequel lui répond qu’il se met déjà très bien la pression tout seul sans penser au reste. Il se définit comme un alpiniste, incapable de savoir pourquoi il fait des jeux vidéos mais continuant à le faire.

Vient alors une flopée de questions du public. Alors, je tiens à dire qu’il m’arrive souvent de brocarder les journalistes et les blogueurs dans leurs interviews pour la médiocrité des questions ou le côté hyper convenu. Vu les questions posé à Kojima par les “fanboys”, je me demande si je ne préfère pas un peu de banalités. Ce que l’on a appris d’interessant est que Kojima imagine Hugh Jackman en Snake Plissken, qu’Illuminati en japonais est intraduisible, que Shinkawa a dessiné un Snake féminin et que l’envie d’être réalisateur cinéma n’a pas abandonné Kojima.

La soirée se conclue par une photo prise par Kojima lui même du public pour la poster sur son twitter, étant très actif sur le réseau de microblogging.

25 ans, et Solid Snake n’a pas pris une ride. C’est à cela que l’on reconnait un concept génial et une histoire efficace. Les héros ne vieillissent pas, nous par contre…

Laurent

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